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Le Castel Forum Index » » Général » » Le Devoir - 17 octobre 2015 Réponse

Sujet: Le Devoir - 17 octobre 2015

ministry22 (Membre)
2015-10-16 23:25
Inscrit: Apr 29, 2009 Messages: 83
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http://www.ledevoir.com/culture/musique/452656/le-grand-coup-double-de-jean-leloup

Le grand coup double de Jean Leloup

Vaste, haut de plafond, le local de répétition en impose, avec sa mezzanine pour casser la croûte. En contrebas, des tas d’instruments attendent, comme si la fanfare était au garde-à-vous. On comprend physiquement que l’appellation Jean Leloup et son orchestre en concert à Paradis City n’est pas usurpée. Ça va être gros pour vrai. Eh ! Sept soirs à guichet fermé au Métropolis, deux autres au Capitole de Québec, des supplémentaires, tout le monde y va, et la première de mercredi est une véritable première. Et pourtant, à quelques jours du spectacle, Leloup se dit « en construction ».


Sacré Johnny : ça le fait rigoler. « C’est comme une plante qu’on arrose. Le show pousse, le show te pousse. On bûche, on a chaud. On est à la shop ! » Il y aura du monde sur scène, quintette de cordes et rock’n’roll band en même temps. « Tu vois, là, on développe les violons. Des contrepoints pas possibles ! Pas du sirop de violons ! Ce qui est intéressant, le vrai thrill, c’est comment faire en sorte que les cordes suivent et que ça ne soit pas figé : faut que ça vive ! »


Comprenez que Leloup sera Leloup et qu’il pourra se passer n’importe quoi, mais pas n’importe comment. Même en gros orchestre, le défi est de pouvoir se retourner sur un trente sous. « C’est pas un défi pour le plaisir du défi. C’est pour créer de la beauté : la vraie beauté, ça demande qu’il y ait de la place à l’instantané. Mais attention ! Si tu te laisses trop aller à l’improvisation, tu vas être vaseux. J’ai déjà été vaseux raide. Comment faire pour être libre sans être vaseux ? Tu répètes. Tu commences par être sharp. Faut que tu aies l’air de tomber, mais avec “une” trampoline pour rebondir, tu comprends ? »


De la page blanche, le spectacle prend forme


« Je ne sais pas encore précisément ce qui va arriver. Je travaille en faisant le vide. Le show, c’est d’abord une grande page blanche, et ça se construit, je vois l’affaire apparaître. » Et ça ne rend pas Leloup fou d’angoisse, à quelques jours du lâcher à l’eau du paquebot ? « Je suis ben nerveux, mais pas là-dessus. Ce qui m’angoisse, c’est la possibilité d’avoir mal au bras pendant que je joue. Qu’une lumière mal placée m’aveugle et m’empêche de faire signe aux musiciens. Comment rester concentré, c’est ça qui est difficile. Et c’est pour ça qu’on se force le cul. Quand je sais que je me suis vraiment forcé, je suis en paix. Et je sais que je respecte les gens qui, au salaire minimum, me donnent six heures de leur ouvrage et veulent le meilleur de toi en retour. »


Et deux fois plutôt qu’une. En décembre, à Wilfrid-Pelletier, au Grand Théâtre de Québec, Leloup se produira seul… avec son fantôme. C’est le titre du spectacle, complément de l’autre : Le fantôme de Paradis City. Marge de manoeuvre totale. « Ça peut se vivre séparément, mais c’est lié : le premier spectacle te fait vivre le rise and fall de Paradis City. Le deuxième, c’est le monde qu’il y a après, raconté par le fantôme. Il s’est passé quelque chose, que je ne peux pas dévoiler. C’est le punch ! »


Les meilleures


Au Métropolis, au Capitole, Leloup transposera pour grand orchestre les chansons de l’album À Paradis City, avec ses plus fédératrices, de toutes époques. « Avec le recul, je me suis rendu compte que les chansons qui restent pour le public, ce sont les mêmes qui restent pour moi. Y a des chansons plus réussies que d’autres, et ça paraît. Y en a pas tant que ça, mais avec tout ce que j’ai fait, j’ai quand même du choix. »


En redescendant de la mezzanine, mon oeil accroche deux pages de titres sur un lutrin. Oui, de Cookie à 1990, elles y sont. Je zieute les guitares électriques, aussi. Leloup me montre sa Burns Bison rouge. « C’est une guitare des années 1960, on l’a remise en état, elle sonne ! » Et voilà qu’il me met dans les mains sa grosse Gibson noire à contours blancs. J’y plaque des accords, frisson garanti, même sans amplification t’as l’impression que la guitare te fait bien jouer, c’est fou. Le grand Jean jubile, ma face de p’tit gars ne ment pas. « Tu cherches pas tes notes avec ça, c’est les notes qui te trouvent… » On rit, à grandeur de local.

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